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L’espace d’un cillement

Jacques Stephen Alexis

(Imaginaire Gallimard, 1983)

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Un roman comme je n’en ai pas lu tant dans ma vie…

Entre Haïti et la République dominicaine, dans une de ces villes frontalières où tout un tas de commerces étranges fleurissent, notamment ceux des corps. Dans un de ces endroits, El Caucho entre et aperçoit la Niña Estrellita, qui remarque à son tour l’homme à la salopette bleue. À partir de là, chacun des sens de ces deux-là se réveille, s’embrase… mais pas dans une consumation instantanée et dévastatrice… dans un temps long, lent, dense… le temps qu’il faut pour se reconnaître, pour s’apprivoiser quand la vie n’a pas été tendre. Chaque chapitre porte le nom d’un sens : la vue, l’odorat, l’ouïe, le goût, le toucher et, le dernier, le sixième sens. C’est d’une immense lucidité, d’une immense tendresse, d’une immense sensualité.

Par le merveilleux Jacques Stephen Alexis – “un jeune homme éblouissant” comme l’appelle Dany Lafferière –, qui écrivait à sa fille, Florence :

« Et surtout… n’oublie jamais qu’un être humain, ce n’est pas seulement des bras, des jambes et des mains, c’est avant tout une intelligence. Je ne voudrais pas que tu laisses dormir ton intelligence. Quand on laisse dormir son intelligence, elle se rouille, comme un clou, et puis on est méchants sans le savoir. »

COUP DE CŒUR DE LAURE

    1, rue Gabriel Marty - 76980 Veules-les-Roses

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